PENTECÔTE

            

 

L’Église commence avec le don de l’Esprit. Il nous fera connaître ce que Jésus a dit.   L’Esprit Saint, le Défenseur, l’Esprit de vérité, c’est lui qui rendra témoignage après la Pentecôte racontée dans la première lecture, celle des Actes des Apôtres. 

Les premières communautés chrétiennes ont été rassemblées et guidées par les Apôtres. Elles sont parties en mission d'évangélisation et elles ont communiqué partout sur la Terre la lumière de Jésus Ressuscité. Paul explique aux gens que nous sommes tous différents et que c'est cette différence qui fait de nous un corps, une Église. Il parle des juifs et des païens, des hommes et des femmes, des esclaves et des personnes libres qui ne forment qu'un seul corps par le baptême. Tous ces gens différents il a fallu les rencontrer, au cœur même de leurs différences, il a fallu les rejoindre et vivre avec eux pour que le témoignage des disciples devienne pour eux aussi parole vivante. La descente des langues de feu sur la tête des Apôtres est un symbole de la lumière qui doit briller dans les ténèbres du monde. Ce feu qui se sépare en langues, c'est le symbole de la solidarité qui doit être la nôtre avec toutes les langues du monde, avec toutes les ethnies du monde, avec tous les pays du monde. Nous ne sommes pas des étrangers les uns les autres, nous sommes frères et sœurs. Avec la Pentecôte, le mystère de Pâques est complété; il s’agit désormais d’une recréation du monde.

Être chrétien, c'est vivre du neuf, de l'inattendu. C'est actualiser le témoignage de la parole et des pratiques fraternelles de Jésus dans le concret de nos vies, dans les mots d'aujourd'hui. Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l'Esprit, écrivait Paul aux chrétiens de Galate. Nous ne savons pas où cela nous mènera et c'est au jour le jour, dans la banalité et la morosité, dans la dureté de la vie que nous avons à vivre en témoins de Jésus ressuscité, en témoins animés par l’Esprit de Dieu. La Bonne Nouvelle de Jésus portera du fruit autour de nous. C’est l’Esprit qui nous fait vivre, non par des règlements, mais par amour, et c’est bien plus exigeant. C'est par l'Esprit et en utilisant ce que Dieu a mis en chacun et chacune de nous que nous saurons relever ce défi. Pourquoi ne pas oser renouveler la face de la terre?

À la Pentecôte, l'Esprit de Dieu est descendu sur les disciples pour les aider à construire le Royaume de Dieu. L’Esprit nous aide à continuer d'espérer malgré les épreuves et les souffrances que nous connaissons. Tâchons d'ouvrir les yeux et nous verrons le souffle de l'Esprit qui anime le monde nouveau, le Royaume de Dieu. Aimer, c’est la force que nous donne l’Esprit pour nous guider sur le chemin de la vie qui nous rendra capables de toujours repartir et d’aller toujours plus loin pour vaincre la peur, comme les apôtres. La peur d’aller à la rencontre des autres, de ce que les autres diront ou penseront. La peur d’aller jusqu’au bout de l’amour, de faire ce que Jésus nous propose pour ne pas vivre seulement pour nous, mais tournés vers les autres.

L'Esprit, c'est Dieu avec nous aujourd'hui. C'est Dieu qui nous accompagne dans notre vie concrète : il nous éclaire, il nous oriente vers le bien, il nous conduit à l'unité. Quelle place lui faisons-nous dans notre vie? Dans quelle catégorie de chrétiens sommes-nous? Comme les disciples d'avant ou d'après Pentecôte ? Pourquoi ne pas laisser l'Esprit de la Pentecôte nous transformer et nous lancer sur tous les chemins de notre monde?

 




Homélie de Mgr Hubert HERBRETEAU pour l’Ascension à la basilique Notre Dame à Bon Encontre, le jeudi 26 mai 2022 Ac 1, 1-11 ; Ps 46 ; He 9, 24-28 et 10.19-23 ; Lc 24, 46-53

 

Chers amis, frères et sœurs, La fête de l’Ascension du Christ est intimement liée à celle de la résurrection. Pour nous chrétiens, ces deux fêtes nous conduisent à rendre témoignage de Jésus ressuscité avec fierté, ferveur, joie profonde. Nous ne sommes pas abandonnés au bord de la route. Dans notre monde si troublé par toutes sortes de crises (sanitaire, économique, sociale, écologique, politique), Jésus reste présent et nous promet l’Esprit Saint, comme aux apôtres : « Vous allez recevoir une force quand le Saint Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins (…) jusqu’aux extrémités de la terre. » Avons-nous conscience de cette force, de cet envoi en mission, de cette assurance ? De quoi devons-nous témoigner dans la société, en tant que chrétien ? Je voudrais souligner trois attitudes chrétiennes : la paix, le bon plaisir de la Vierge Marie (en particulier en récitant le chapelet), l’espérance.

 

Je vous donne ma paix

La paix tout d’abord. Dans les évangiles, à la résurrection, Jésus dit à ses apôtres : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » Notons le possessif : « Ma paix » ! C’est la paix du Christ qui nous est offerte. De quelle manière la recevons-nous et en vivons-nous ? Je suis étonné qu’en ce moment l’expression employée abondamment par les médias est « gagner la guerre ». Qui de Poutine ou de l’Ukraine va gagner la guerre ? Ne devrait-on pas plutôt se demander : « Qui va gagner la paix ? » Entrer en guerre conduit à énumérer les engins de guerre ou les formes de guerres : chars, missiles, armes chimiques, guerre nucléaire… Entrer en paix suppose une spiritualité de la paix, une éducation à la paix. Cette seconde expression a de la peine à convaincre. Jésus nous donne sa paix. Il se présente à ses apôtres à la Résurrection en disant : « La paix soit avec vous !  »

 

Entrer en guerre conduit à énumérer les engins de guerre ou les formes de guerres : chars, missiles, armes chimiques, guerre nucléaire… Entrer en paix suppose une spiritualité de la paix, une éducation à la paix. Cette seconde expression a de la peine à convaincre. Jésus nous donne sa paix. Il se présente à ses apôtres à la Résurrection en disant : « La paix soit avec vous ! » C’est à la fois un constat et un souhait. Jésus avait auparavant prononcé la Béatitude : « Heureux les artisans de paix ! » Béatitude à mettre en relation avec les autres Béatitudes : « Heureux les pauvres de cœur » ; Heureux les doux ! » ; « Heureux les assoiffés de justice » ; « Heureux les miséricordieux ».

 

Faire ce qui plaît à la Vierge Marie

La fête de l’Ascension est célébrée au moment où commencent les premières chaleurs et où la nature végétale se déploie pour le plaisir de nos yeux. Je pense à un dicton parmi les plus connus et que l’on se transmet de génération en génération : « En avril, ne te découvre pas d’un fil. En mai, fais ce qu’il te plaît ». Ce dicton fait partie d’une famille de dictons concernant la météo, en bonne compagnie avec celui de la pluie de la saint Médard. On cite aussi : « Quand le merle chante en mai, avril est fini ». Les saints de glace : saint Servais, Mamert et Pancrace, fêtés le 13 mai, sont également incontournables. « En avril, ne te découvre pas d’un fil. En mai fais ce qu’il te plaît » est un dicton qui invite à la prudence compte tenu du caractère imprévisible du climat. Ce dicton signifie que nous ne sommes pas totalement à l’abri des gelées et des intempéries, en avril et au début de mai. À partir des saints de glace, le 13 mai, il est devenu possible de faire ce qu’il nous plaît, conformément au dicton. Pour ceux qui aiment et vénèrent la Vierge Marie, la date du 13 mai n’est pas non plus une date comme une autre : c’est le jour que choisit la Mère de Dieu pour rendre visite à Fatima, au Portugal, en 1917, au moment de la première guerre mondiale. Marie, dans ses apparitions à trois petits bergers, insiste beaucoup sur la prière du chapelet. La 1ère apparition ne fait pas exception. En effet, la belle dame leur commande : « Dites un chapelet tous les jours pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre. » Prier pour la paix, c’est la volonté de la Vierge Marie. La demande de la Vierge Marie de prier pour la paix n’est pas une option. Les petits bergers vont comprendre tout de suite et vivre un chemin de prière et de pénitence qui est un véritable exemple pour nous. Nous voyons bien que les enfants de Fatima, bien jeunes encore, vont changer de vie pour plaire à la Vierge et ajuster leur volonté à celle de Dieu. Désormais, ils ne vont pas faire ce qui leur plaît, mais ce qui plaît, à elle, qui est au ciel. Nous pourrions nous aussi modifier quelque peu le dicton. Ce n’est plus « En mai, fais ce qu’il te plaît, » mais « En mai, fait ce qui lui plaît, à Elle, la Vierge Marie ! En mai, fais ce qui lui plaît est le dicton que nous devons suivre en ce mois de pèlerinage.

 

L’espérance chrétienne

Message de paix, désir de faire ce qui plaît à la Vierge Marie, et aussi attitude d’espérance. Voilà la grande affirmation de cette fête de l’Ascension, au moment où Jésus quitte ses Apôtres. Pour nous, les chrétiens ce qui nous fonde notre espérance c’est la promesse de Jésus de rester présent au cœur de nos vies, de nos choix et de nos décisions. Il est significatif de constater que Jésus s’adresse à ses Apôtres, au moment de l’Ascension, en les invitant à la patience. Cela se passe au cours d’un repas en mémoire de Jésus ressuscité, au cours de l’Eucharistie. Jésus donne l’ordre à ses apôtres de ne pas quitter Jérusalem et d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Cette, promesse, c’est l’envoi de l’Esprit Saint : « Moi je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. » Au cours du repas eucharistique où le Christ se donne à nous, en ce jour de l’Ascension, redisons que le monde est grand parce que c’est le monde que Dieu aime. Nous sommes invités à en témoigner chaque jour davantage. Comme vous tous, je suis préoccupé par la guerre en Ukraine. Il est question de guerre nucléaire, de guerre mondiale. Je vous invite à prier pour la paix dans notre Europe et ailleurs dans d’autres pays du monde (Mali, Birmanie, etc.). La paix commence chez nous par des petits gestes vis-à-vis de nos voisins, au sein de nos familles. Le Christ est notre paix. Cette paix que nous demandons dans la liturgie est don de Dieu. Amen. 

 

Mgr Hubert HERBRETEAU Basilique Notre Dame à Bon Encontre, le jeudi 26 mai 2022